Appellations :
Arbois, Château-Chalon, L'Etoile, Côtes du Jura, Macvin du Jura, Crémant du Jura
Cépages principaux :
- Rouge : Poulsard, Pinot noir, Trousseau
- Blanc : Chardonnay, Savagnin
Surface : 1 850 hectares
Production annuelle moyenne : 90 000 hectolitres
Caractéristiques des vins du Jura:
- Vin jaune : Il provient du seul cépage Savagnin, plant typiquement jurassien. Ce vin blanc subit un élevage particulier : il vieillit au minimum 6 ans et 3 mois en fût de chêne sans ouillage, c'est-à -dire sans qu'on remplisse le fût pour compenser l'évaporation. Il acquière pendant cette période, des arômes qui le rendent reconnaissables entre tous, comme par exemple ceux de noix. Il est commercialisé dans une bouteille de 62 cl appelé clavelin.
- Vin de paille : Autrefois, les vignerons mettaient des grappes de raisins à sécher deux à trois mois sur de la paille avant de les presser. La méthode n’est presque plus employée mais le nom lui est resté. La déshydratation, résultat de ce séchage, augmente fortement la teneur en sucre du raisin, et donne au vin ce caractère doux. Aujourd’hui les raisins sont séchés suspendus dans des hangars aérés ou sur claies.
- Macvin du Jura : C’est une mistelle (ou vins de liqueur) d’AOC, la seule à être issue d’une eau de vie de raisin et non de vin. Obtenu à partir de 2/3 de moûts de raisin et d’1/3 de marc, le macvin est élevé en fût de chêne pour une durée minimum de 12 mois et doit présenter entre 16° et 22° d’alcool pour obtenir l’AOC.
Les vins blancs ont souvent un caractère oxydatif avec des arômes de noix, de curry, très secs et très long en bouche. Les vins blancs à l’élevage classique sont secs et frais, les rouges peu colorés et peu tanniques se marient bien avec du poisson.
Les vins du Jura sont cités par Pline le Jeune dès l’an 80 de notre ère, puis décrits dans des documents historiques à Arbois dès le Xe siècle, ou encore à Château-Chalon et Salins-les-Bains au XVIe siècle.
Si les prémices de la culture de la vigne dans le Jura nous échappent encore, de nombreux témoignages historiques dignes de foi laissent croire à une origine très ancienne...
La Séquanie, qui n’était pas encore la Franche-Comté, et ses vins, sont évoqués par Pline Le Jeune dans son livre d’histoire naturelle en ces termes : " […] Ce raisin qui sans apprêt, fournit un vin à saveur de poix, raisin célèbre du Viennois (Autriche), dont s’est enrichie la Séquanie […]". Allusion à peine voilée au célèbre cépage savagnin que nous connaissons aujourd’hui? En 1732, un décret limite la liste des cépages autorisés et marque les débuts d’une réglementation qualitative. Ainsi, une bonne partie des vignes, plantées avec des cépages interdits, disparaît. En 1774, une liste de 14 bons plants pour le vin est publiée. Dès lors, cette sélection garantit la qualité et accroît la notoriété des vins jurassiens.
De la Révolution jusqu’à la fin du XIXe siècle, le vignoble se développe continuellement : les propriétaires, nobles et ecclésiastiques, occupent la plupart des sites viticoles aujourd’hui réputés et permettent leur développement.
Au début du XXe siècle, dans un monde viticole où le meilleur cotoie le pire, les moyens de lutte contre la fraude sont dérisoires. En 1902, Alexis Arpin, secrétaire de la société de viticulture d’Arbois, entre au syndicat national de défense de la viticulture. En 1906, il permet aux vignerons d’Arbois d’obtenir un certificat d’origine garantissant la provenance des vins et de protéger ainsi la marque "vin d’Arbois". Le 23 février de cette même année, alors qu’une loi met fin à la libre circulation des alcools et menace le droit de bouilleurs de crus, les vignerons d’Arbois déclenchent une grève de l’impôt. Après une prise d’otages des agents du fisc qui fait la Une de la presse nationale, l’administration recule.
En 1906 toujours, la première coopérative de vinification de France est créée à Arbois, à l’image des fruitières connues depuis le XIXe siècle pour la fabrication des fromages de Comté.
Le phylloxéra n’atteint le Jura qu’en 1879 à Beaufort et à Arbois en 1886. Il se propage par vagues jusqu’en 1895, infectant une vigne puis une autre. En quelques années, le monde viticole français passe de l´euphorie à l´inquiétude puis à la désolation.
Finalement, un jurassien, Alexis Millardet (1838 – 1902) pose les principes du greffage des plants sur souches américaines : une découverte fondamentale, pour l’ensemble de la viticulture mondiale.
En 1936 et 1937, le Jura obtient 4 Appellations d’Origine Contrôlées : Arbois, Château-Chalon, l’Etoile et Côtes du Jura. En 1970, la vigne ne représente plus que 8% de la Surface Agricole Utile alors que le Jura possède tous les atouts historiques, géographiques et géologiques pour développer son vignoble. Une relance s’opére alors avec des remembrements comme au Vernois, des replantations en cépages AOC, des contrôles accrus de la qualité, des prêts bancaires avantageux et la création d’une formation viti-vinicole qui facilite l’installation des jeunes. Henri Maire, qui reconstitue d’un seul tenant un vignoble de plus de 300 hectares sur l’AOC Arbois, illustre cette nouvelle ambition pour le vignoble jurassien.
Aujourd’hui, les grandes lignes du développement sont établies sur la base de la qualité. Des 20 000 hectares de qualités diverses à la fin du XIXe siècle, le vignoble jurassien se concentre sur une surface actuelle de 2 000 hectares de qualité supérieure.
Dans le Jura, les différentes couches de roches que nous observons en coupe se sont déposées et consolidées depuis plusieurs millions d’années. Le Revermont se situe au pied du premier plateau jurassien, à l’Est de la plaine de la Bresse.
Ce premier plateau est parfois "creusé" par des reculées spectaculaires qui sont transversales aux grandes lignes du relief. Ces vallées sans issue sont souvent des lieux de résurgence des eaux souterraines qui se sont infiltrées dans les failles et les fissures du premier plateau. Le vignoble se localise sur des pentes assez accidentées dont l’altitude varie généralement de 200 à 400 mètres.

Les terrains qui composent le Jura appartiennent pour la plupart à l’ère secondaire ou jurassique (150 millions d’années) et occupent les deux tiers du département. En conséquence, le calcaire prédomine largement et sa formation est constante à toutes les ères géologiques. Cette roche, perméable et soluble, est très favorable à la vigne et en particulier aux cépages jurassiens. Par ailleurs, les coteaux adossés au plateau calcaire ont des sols assez complexes où se mêlent différentes marnes (bleues, grises, rouges, noires du lias moyen et supérieur), des argiles du trias et des éboulis calcaires. Ces marnes, associées à des éboulis de falaises du bajocien et des argiles du lias, constituent les meilleures terres à vigne du Jura.
Le vignoble jurassien appartient aux vignobles septentrionaux de France avec la Champagne, l’Alsace et la Bourgogne. Son climat est de type semi-continental et ses variations climatiques peuvent être brutales. La température moyenne annuelle est comprise entre 11° et 13° pour une durée d’ensoleillement variant de 1 700 à 1 900 heures. Les étés jurassiens sont généralement chauds et secs. Dans le Jura, l’exposition sud ou sud-ouest garantit au vignoble un ensoleillement important et une protection aux vents du sud-est et du nord, "la bise noire".
Les printemps souvent très pluvieux participent à des moyennes de l’ordre de 1 150 mm de précipitations par an sur le Revermont. Bien que de petite surface, le vignoble possède des microclimats assez contrastés en raison de la morphologie du relief, selon son exposition au soleil, son altitude et sa pente. Ainsi, le choix des cépages se fait aussi en fonction de leur caractère, précoces comme le Poulsard et le Pinot ou plus tardifs comme le Savagnin et le Trousseau.






